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*********************Je suis née un crayon à la main.
*********************Le papier*, **jamais bien loin.**On m'a diagnostiqué bien tôt la maladie littéraire. La tumeur Shakespearienne. Ce cancer grammatical, accompagné de cette douleur vocabulairesque. On me qualifiait, de folle, de condamnée. On m'annonçait des mots compliqués, comme l'épidémie Baudelairienne. Je ne voulais comprendre, cela paraissait surnaturel, incroyable. Pourtant, je savais, que j'étais née, un stylo dans la tête, une musique dans le c½ur. On expliqua à ma mère, que Mozart m'avait faite prisonnière, que Tiersen avait pris une demeure quotidienne dans mes cordes vocales. On me traita de cinglée euphorique, de femme à faire enfermée. Cette maladie n'était éphémère, au contraire, elle était éternelle. Ce que personne ne comprenait, c'est que j'étais heureuse. Heureuse de ces courbatures Corneillesques, de ces infarctus Hugoliennes. C'était de la magie, j'avais l'impression d'être un ange belles-lettres. Mon organe était recouvert de mots, phrases, élocutions. Il battait en symphonie, mélopée légère, harmonie frivole. Mes veines laissaient couler des poèmes, des vers et des proses. Ma tête était éprise d'hémorragies d'Une Vie, des Hauts de Hurle-Vent, de Roméo & Juliette sans oublier l'époustouflant hématome de l'on ne badine pas avec l'amour. Mon squelette était inhumain disaient-ils, fait de papiers, de manuscrits, de recueils et de partitions. Et ce fut alors que les radiologues fusèrent sur d'autres folies. Fêlure d'une précieuse ridicule, Molière ne devait pas être bien loin. Foulage des phalanges dû à la fatalité, je devais avoir volé la vedette à Phèdre. Mes yeux n'arrivaient à lire ces futiles Bandes Dessinées, ce genre me dilatait les iris. Ils m'affligèrent alors de toutes sortes de noms : d'arlequin, d'Hippolyte ou bien même de Dom Juan. On redoubla sur des injures et des damnations. Et tout autour de ces antidotes, de ces remèdes, antibiotiques ou antalgiques, je respirais l'odeur des pages de mon livre préféré. Mes oreilles avaient laissé échapper les voix aigris pour n'écouter que le piano qui chavirait mon âme. Et alors, je compris que cette maladie mortelle littéraire était un don que l'on m'avait offert. Et plus les jours passèrent, plus je brûlait pour elle.
******************************************On me jura de naïve tout comme Candide.
******************************************Mais lorsque l'on parlait de littérature ou bien de musique, je rétorquait :
******************************************Tout est au mieux dans le meilleur des mondes.